Journée de la Réformation 25 octobre 2015

 

 

 

 

Jean-Pierre Molina pasteur et dessinateur, avec humour, sincérité et simplicité nous a fait réfléchir sur la notion de blasphème et a répondu aux questions des participants.

 

Le blasphème n’est pas d’aujourd’hui, seulement les événements autour des dessins de Charlie hebdo en ont fait un sujet à la mode et l’on s’est mis à proclamer le droit au blasphème.

Définitions :

-  le sacrilège est une atteinte au sacré

-  le blasphème est un sacrilège verbal

-  la caricature (de l’italien : charge) c’est charger le trait

Quels sont les éléments indispensables pour que l’on puisse parler de blasphème ?

1 – du sacré . Est sacré quelque chose, quelqu’un considérés comme intouchables. Le sacré se définit comme un espace à part, hors du monde, un périmètre de sécurité.

2 – un personnage, le profanateur (ou blasphémateur) celui qui porte atteinte au sacré.

3 – un témoin choqué, scandalisé.

Pour que l’on parle de blasphème  ce 3ème élément est indispensable, sinon cela tombe à plat, il n’y a pas de blasphème.

(cf  le dessin ci-dessous)

Le protestant face au blasphème

Ce dessin comme toute caricature a peu d’effet sur le protestant, car sa foi est basée sur les Ecritures. Jésus a montré qu’il n’y avait pas de territoires ou d’objets sacrés.

Par contre la vie est sacrée en tant que nous sommes tous et chacun des créatures de Dieu.

 

Jésus condamné comme blasphémateur

Condamnation par les religieux de son temps pour blasphème, sur la croix il sera pourtant inscrit : INRI (Jésus de Nazareth, roi des Juifs) condamnation politique.

 

Dans les conflits autour du sacré

Il faut beaucoup de compréhension pour les uns et pour les autres quand les protagonistes sont sincères avec ce qu’ils croient et ce qu’ils font. Mais il faut trouver comme réponse un autre chemin que les armes.

 

Le sacré est partout

L’état dans sa constitution ne reconnaît, ni ne subventionne aucune religion, il est neutre en matière de sacré.  Cependant on retrouve beaucoup de sacralisation dans des tas de symboles, de notions ou d’attitudes dans le monde laïc.

 

Le blasphème n’est pas une bonne chose

Pourquoi blasphémer ? Parce que j’ai l’impression de dire la vérité, mais c’est être au-delà du blasphème, le résultat on se fait mal à soi-même autant qu’à l’autre.  La caricature avec l’intention de choquer, de faire mal, c’est uniquement de la méchanceté.

Blasphémer ne sert à rien car on n’est pas maître de la réception. Interdit de scandaliser, de blesser l’autre, nous sommes tous responsables de nos actes.