journée interparoissiale 31 janvier 2016

Fête du secteur, Côte de beauté-Seudre-Oléron au temple de Royan,

ce dimanche 31 janvier 2016

 

Tous "rassemblés au nom du Seigneur", comme nous l'avons chanté au début du culte, nous voilà entraînés par les enfants et les adolescents sur les routes, sur le chemin de l'exil. Comment ne pas nous identifier à tous ces hommes, femmes, enfants condamnés à l'exil, qui partent sur les chemins, par la mer malgré tous les dangers pour fuir la guerre, la faim, la misère et l'oppression.

 

Naomi, son mari Elimelec, leurs fils Machlon et Kiljon ont fui la famine, ont vécu cet exil sur une terre inconnue où les hommes, les femmes, les enfants prient d'autres dieux. Lls ont vécu dans ce pays, ils n'ont pas été rejetés, les fils ont épousé des jeunes filles du pays  d'accueil. Mais voilà, le père est mort puis les deux fils. Naomi est maintenant veuve avec deux belles-filles qui n'ont pas eu le temps d'avoir des enfants. Que faire pour survivre ?

Repartir chacune vers leur lieu de naissance... Ruth, attachée à Naomi refuse de la quitter, oui, elle ira dans ce pays qui deviendra son pays, elle louera le Dieu de ce pays qui deviendra son Dieu, elle vivra et mourra dans ce pays, là où "jeunes et vieux se réjouiront ensemble", danseront ensemble, là où la joie remplacera le chagrin, oui, elles pourront se réjouir dans ce pays, là où est né Elimelec et où vit encore un membre de sa famille, Booz.

Booz sur le champ duquel Ruth, inspirée, part glaner comme la loi le lui permet. Booz l'ayant vu lui dira de continuer à glaner sur ce champ, il dira aussi aux jeunes gens de ne pas l'importuner et de faire tomber quantité d'épis. Booz est accueillant et généreux, Naomi et Ruth pourront vivre et pas simplement survivre.

Les enfants sont venus dans l'assemblée pour glaner nos dons et sans doute avons-nous eu à cœur d'être aussi généreux que Booz. Le temps du partage du pain et du vin est venu... "Rassemblés" non pas de tous les pays mais de nos trois paroisses, nous avons pu ensemble prendre le pain et le vin en chantant "Cherchez d'abord le royaume de Dieu » et en lui reconnaissant toute la gloire !

Les jeunes reviennent vers nous pour nous dire combien par la foi, Naomi et Ruth ont été comblées. Ruth épousera Booz, ils auront un enfant, un fils. Naomi n'est plus "Mara", elle est bénie, ce petit-fils lui redonne un statut, elle n'est plus la veuve, elle est la tutrice de cet enfant, la lignée n'est pas éteinte. Cet enfant, Oved aura un petit-fils nommé David, le roi David ! Le nom de cet enfant, fils de l'étrangère qui a fait confiance au Dieu de Naomi, sera inscrit dans la généalogie de Jésus !

Le voyage touche à sa fin, "à dos de dromadaire", nous chantons combien la fidélité de Ruth à Naomi a été une bénédiction pour les deux femmes. Les jeunes enfants nous conduisent dans l'intercession en faisant précéder chaque intention par : Comme Ruth, des hommes, des femmes et des enfants...La chorale nous fait vivre le Pater Noster avant d'être bénis et envoyés, témoins remplis par l'amour et la confiance "comme une flûte de roseau" que Jésus remplit de sa présence.

 

Invités à un repas partagé, nous voilà glanant parmi tous les plats proposés ceux qui nous font envie et ils sont nombreux...

 

Le matin, nous avons été envoyés comme témoin aussi l'après-midi, il nous a fallu réfléchir à cet intitulé: "Une Eglise de témoins". Dans un monde qui bouge, en pleine mutation, la transmission interne de génération en génération ne fonctionne plus, nous ne pouvons plus rester le petit troupeau bien au chaud dans notre bergerie. Dans la société laïque qui nous entoure, des hommes, des femmes, des enfants sont en recherche, comment les rejoindre ? Par quels moyens de transmission pouvons-nous les rencontrer ? Les réseaux sociaux ne sont pas à négliger pour toucher la jeunesse mais encore ?

D'une Eglise de membres, nous devons passer à une Eglise de témoins, d'une Eglise pour nous, nous devons oser une Eglise pour les autres. En cette année 2016, on nous demande après avoir réfléchi sur le semainier d'élaborer un projet, une thèse, des thèses sur le thème:" A qui peut-on témoigner ?" et en 2017, l'Eglise protestante unie devra rédiger une déclaration de foi commune (réformés, luthériens). Nous, comment pouvons-nous partager la Bonne Nouvelle ? Avons-nous des réticences, lesquelles ? Affirmer la pertinence de l'Evangile dans le monde aujourd'hui, c'est proposer sans imposer.

Le pasteur Christian Tanon inscrit cette démarche dans un schéma de trois cercles concentriques. Celui du centre concerne les chrétiens engagés, le deuxième, ce sont les cotisants, les destinataires des bulletins paroissiaux et le troisième, celui de ceux qui sont sur le seuil des églises, les hésitants, les amis, les voisins, les relations, les parents, les jeunes mariés et tout autour la société laïque... Christian Tenon nous dit aussi que nous avons trois défis à relever pour accueillir les personnes du troisième cercle. Le défi de la différence, celui de la qualité de l'accueil et celui du langage. Oui, les nouveaux "paroissiens" n'ont aucun vécu protestant donc il nous faut faire attention à notre langage "religieux" qui pour ceux qui sont en dehors est une langue étrangère, ils ont besoin d'être accueillis dans des temps et des lieux autres que le culte et le temple.

 

En petits groupes, nous avons essayé d'imaginer un chemin qui nous conduirait vers celui qui  cherche et un chemin que celui qui cherche pourrait emprunter pour connaître le Dieu de Jésus-Christ et nous rejoindre. Pour finir, un jeu de mots entendu dans notre groupe: Pour être "témoin" de l'amour du Dieu de Jésus-Christ, ne pas dire:" T'es moins" mais " Tu es plus !!"  Dieu te cherche et il t'aime...

 

Hélène Métreau